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Publié le 05.05.2018
Loud sera une des têtes d'affiche de l'événement de clôture de Rendez-vous Hip Hop en compagnie notamment de Rémy !
© William Fradette

"Est-ce que les backpackerz sont encore nostalgiques ?" Honnêtement ? Non. Puis-je te faire une confidence, mon cher Loud ? Il y a bien longtemps qu'on a troqué nos sacs à dos pour un iPhone et un abonnement à Spotify. Et il y a quelques temps déjà qu'on a tourné l'oreille vers le Québec.

C'est donc avec violence qu'on a reçu la claque Blue Volvo, l'album phare de ton ancien groupe Loud Lary Ajust. Avec zèle que l'on a découvert vos projets précédents. Avec un respect quasi religieux qu'on a écouté Une année record, ton premier solo. Avec foi que nous viendrons à ton concert parisien à La Boule Noire les 29 et 30 janvier. Vois-tu, c'est que notre histoire remonte à loin. Pour te présenter en bonne et due forme à nos lecteurs, nous avons tenu à dresser ton portrait en quelques mots.

Langue bien pendue

Simon Cliche Trudeau, dit Loud, rencontre Laurent Fortier-Brassard, dit Lary, à l'époque du collège. Les deux acolytes commencent le rap à l'âge de quatorze ans et sortent leurs deux premiers disques dès leurs dix-sept ans. Alors que Jo le Zef et FiligraNn lancent en 2009 les Word Up! Battles à Montréal, le jeune homme affute ses rimes et se lance dans l'aventure. Loudmouth, un pseudonyme qu'il ne trahira pas. Chaque passage du bien nommé est prétexte à un florilège de punchlines drôles et coupantes, qui laissent le public pantois.

Exemple : "Ta mère, c'est une groupie, la pire des pires. Y'a plus de rappeurs qui lui sont passés dessus qu'un beat de Premier." Simple. Efficace. Tout ce qu'on demande lors d'une joute verbale a capella. L'artiste le dit lui-même, il est là pour la pub et réussit à booster sa crédibilité. Les vidéos, toujours en ligne, sont autant de preuves du talent brut et précoce du petit génie des blocs. Un talent qu'il va cultiver et polir au fil du temps, pour en extraire avec son groupe Loud Lary Ajust des chansons pleines d'éclat.

3 mousquetaires + 1

Un pour tous et tous pour un. Une devise qui résume bien la clique. En 2010, Loud et Lary rencontrent le producteur Alex Gway, mieux connu sous le nom d'Ajust. Quatrième roue du char et membre essentiel du groupe, le boy William Fradette réalise leur premier clip. Les compères ne se quitteront plus. Leur premier album Gullywood voit le jour en 2012. Entre "saleté et clinquant", ce disque à l'ambiance très rock décrit le quotidien d'une jeunesse montréalaise qui rêve de conquérir le monde, entre hédonisme, drogues dures et matérialisme.

Un premier opus salué par la critique, qui propulse le groupe sur la scène des plus gros festivals du Québec. Quelques mois plus tard, l'équipe réunit la crème du rap québécois sur l'album de remixs Gully Plus. Koriass, Maybe Watson et Ogden d'Alaclair Ensemble, Yes McCan de Dead Obies ou encore Loe Pesci y partagent l'affiche avec Kaytranada. Le constat est limpide. Tout comme l'histoire de L'Entourage avec les Rap Contenders, les rencontres Word Up! ont contribué à la naissance d'un nouvel écosystème rap dans la Belle Province.

Rap Queb. Le diminutif est lâché dans l'EP Ô mon dieu. Quand le groupe en parle, il voit déjà plus loin. La vie de rock star lui tend les bras. Quitte à mourir jeunes, ses membres accueillent le début de la notoriété à bras ouverts. Au fond, n'est-ce pas la vie dont ils ont toujours rêvé ? Les champions fraîchement sacrés songent à porter la flamme olympique par-delà les frontières canadiennes. Jusqu'à Paris, jusqu'aux États-Unis, là où leur musique prend sa source. L'objectif est fixé, reste à tenir le cap.

Retrouvez l'intégralité du portrait de Loud sur le site de The BackPackerz