Rémy, l'étoile montante d'Aubervilliers

Publié le 07.05.2018
Rémy sera la tête d’affiche de l’événement de clôture du Flow à Lille ! Le rappeur d'Aubervilliers viendra présenter son premier album !
© Fifou

Pour clôturer l’édition 2018, Rendez-vous Hip Hop réunira le 2 juin à Lille, Marseille, Nantes, Nîmes et Paris, des talents émergents, des artistes français et internationaux pour une journée entièrement dédiée à la culture hip-hop avec notamment des concerts gratuits. De nombreux artistes monteront simultanément sur scène aux 4 coins de l’hexagone.   

À tout juste 20 ans, Rémy est déjà pressenti comme la révélation 2018 du rap hexagonal et affiche une maturité rare, si bien qu’il est régulièrement comparé à ses ainés, exploitant une patte dite « old school » avec un rap vrai, pur et cru.

Fils d’un ouvrier à la chaîne et d’une gardienne d’immeuble de la cité La Frette à Aubervilliers (Seine-Saint-Denis), Rémy commence le rap très tôt, vers 10 ans lorsqu’il écrit son premier texte. Depuis, il n’a jamais dévié de la route qui s’imposait à lui comme une évidence : devenir rappeur. À 14 ans, il rentre pour la première fois en studio. Il enchaîne alors les sessions et enregistre de nombreux titres, d’abord un peu négligés selon ses propres dires, avant de comprendre qu’il faut prendre du temps pour affiner sa plume et délivrer des projets percutants.

Il n’a alors plus de filet, il va devoir écrire, encore et encore. Passer derrière un micro et accepter le vertige de l’inconnu. “Demain, si le rap, c’est mort pour moi, c’est direct la rue parce que je ne sais rien faire d’autre. Moi, je ne me vois pas me lever tous les matins à 7 heures pour faire quelque chose que je n’aime pas. Comme beaucoup beaucoup de gens. J’ai arrêté l’école pour le rap. Et si ça n’avance pas, je suis mort en vrai... Je pense que de base, le rap, c’est fait pour transmettre un message. Pour moi, c’est très important que les gens ressentent ce que je dis. Le rap, c’est là pour faire passer une émotion. Moi, je ne fais pas du rap pour faire de l’argent, mais pour que les gens me disent qu’ils se retrouvent dans mes textes, qu’ils ressentent ce que je ressens. Et quand ça arrive, ça me fait super plaisir et c’est là que tu vois qu’on est tous pareils en fait...”. Il a ça en lui, Rémy. Cette capacité à n’exclure personne.

Pendant toute son adolescence, il persiste à essayer de se faire une place dans le rap et ses nombreux efforts vont enfin payer : Rémy est repéré par Mac Tyer, éminent rappeur des années 2000 et membre du groupe Tandem. Il devient son ami, son manager, son producteur. Aux côtés de ce « grand frère », il va travailler d’arrache-pied avant de signer chez Universal Music sur le label Def Jam France.

Rémy n’a pas les paroles de son âge. On sent, très vite, qu’il a déchiré le voile de la naïveté avant même de noircir ses cahiers de textes incandescents: “D’où me vient cette maturité? Je ne sais pas, même moi je me demande (rires). Tout le monde a des problèmes de famille, des problèmes dans la rue. Je pense que c’est tout ce que tu dois affronter dans ta vie qui te renforce. J’ai très vite capté qu’enfant, on est tout seul, même si ton père, ta mère sont là, tu es tout seul. Tous les jours, par exemple, ta famille peut te dire d’aller trouver un travail mais si toi, tu ne veux pas, tu ne vas jamais aller le chercher, le travail. Moi, j’ai su très tôt que je devrais me battre pour obtenir ce que je voulais... J’ai envie d’apprendre. J’ai compris que le savoir était une arme. Il faut être ouvert d’esprit, il faut avoir envie de comprendre les choses. Si tu ne t’enrichis pas intellectuellement, tu ne peux pas parler avec n’importe qui. Je fais beaucoup de choses pour m’enrichir un peu, dans les poches et dans la tête (rires).” Quand on lui demande comment il définirait son style, Rémy évoque avant tout la mélancolie et c’est une certitude qu’il n’en manque pas. Et puis, il n’y a pas que ça. Ambiance, old school, ego trip, été et hiver, amour et rage, Rémy brasse large sans jamais se perdre. Surtout, il dégage une force presque viscérale. Chaque mot fait mouche parce que chaque mot, ici, a été choisi consciemment, ardemment.

2018 est l’année de la consécration. Il sort son 1er album, C’est Rémy, qui dépasse les 10 000 ventes dès la première semaine d’exploitation. Un album qui lui ressemble: sincère, dur et authentique. Cet album n’est pas un énième disque de rap hexagonal, viril et menaçant, ego trip et kalash sur la banquette arrière. Non. Ici, bien sûr, rien n’est figé, tout est possible, les couleurs se mêlent, on passe de la mélancolie à la colère, du soleil à la grisaille, de l’intérieur à l’extérieur. On vit et on avance, coûte que coûte. Sans jamais juger ni oublier. Rémy n’ignore pas que l’espoir est cette chose fragile, capricieuse et il écrit, seul, dans sa chambre, pour grandir, comprendre, avancer, oui. De sa fenêtre, il voit le monde. Celui qui existe et celui qu’il devine, au fond de ses entrailles.

 

ÉVÉNEMENT DE CLÔTURE - Samedi 2 juin

Rémy se produira à l’occasion d’une grande journée gratuite et ouverte à tous qui se tiendra de 14h à minuit sur le parvis de la Gare Saint-Sauveur, où toutes les disciplines du hip-hop seront à l’honneur. Durant toute la journée auront lieu de nombreuses activités, comme le Battle International de Graff et le Kick A$ Contest pour les MC’s.

Sur scène, vous retrouverez également la révélation de Montréal Loud, ainsi que le Mouv' Live Show, les artistes locaux de La Chronik, KT Gorique et le lauréat 2017 du Buzz Booster, DI#SE.