Une brève histoire du hip-hop

Publié le 16.03.2018
Historiquement, le hip-hop est apparu il y a plus d’une trentaine d’années en France, et, approximativement quarante aux États-Unis. Cette culture n’a jamais bénéficié d'autant de succès et de visibilité, en France, que de nos jours.
© Florian Fouchet

       

Le hip-hop, c’est à la fois des pratiques artistiques et quotidiennes, un système de valeurs particulier et une origine culturelle populaire urbaine.

Les disciplines artistiques comptent trois grands domaines : la danse (avec les différents styles tels le break, le locking, le popping, la house, la new style, le top rock, le voguing, le krump…), la peinture (avec le tag et le graffiti) et la musique (avec le rap, le turntablism ou dj’ing, le beatbox). Mais on parle souvent davantage des quatre grandes disciplines du hip-hop que sont la danse, le rap (ou mc’ing), le graffiti et le dj’ing auquel est venu s’ajouter le beatbox.   

Le hip-hop se caractérise également par des codes bien précis : un langage, un mode de vie, une manière de s’habiller, une économie... Il émerge d’une identité populaire. Le mot d’ordre « Peace, Love, Unity & Having Fun » (Paix, amour, unité & plaisir) est également caractéristique du hip-hop, inspiré par ses pionniers (notamment la Zulu Nation d'Afrika Bambaata).

Longtemps, on a cru à un phénomène de mode. Mais, depuis le début des années quatre-vingt, le cadre de référence qu’est la culture hip-hop a de solides bases. Bien qu’ayant de fortes racines afro-américaines, ce mouvement a su s'affranchir de la dimension ethnique qui le caractérisait, puisqu’il est aujourd’hui adopté par un grand nombre de jeunes, quelles que soient leurs origines géographique ou sociale.

Le hip-hop a été introduit en France et en région parisienne lors des soirées auxquelles étaient présents des pionniers venus des États-Unis (Afrika Bambaataa, les danseurs du Rock Steady Crew…), par des personnes ayant voyagé outre-Atlantique et par quelques médias (Radio Nova, en télévision avec l’émission H.I.P H.O.P présentée par Sydney par exemple). Les jeunes se sont mis à s’entraîner dans l’espace public, dans la rue ou sur des terrains vagues (comme le terrain vague de La Chapelle au nord de Paris) et des pionniers ont organisé des fêtes/rassemblements de jeunes lors desquels ceux-ci jouaient de la musique, « rappaient », peignaient et dansaient à la manière des Block Parties new-yorkaises.

Les Block Parties ont eu une influence très importante sur l'éclosion de la culture hip-hop. À l’origine, à New York, il s’agissait de « fêtes de quartiers » pour lesquelles on fermait les deux côtés d’une rue avec des barrières et on se branchait sur un lampadaire en détournant le courant. Dj’s et Mc’s se prêtaient alors à des joutes musicales festives, auxquelles se sont par la suite associés danseurs, graffeurs et beatboxeurs. À Paris, les fameuses Block Parties clandestines du terrain vague de la Chapelle-Stalingrad marquent pour beaucoup l’avènement du hip-hop français. On y découvre les premiers jeunes activistes du hip hop des années 80 avec le Dj Dee Nasty, les graffeurs Psychose ou Jonone, mais aussi breakers et bien d’autres passionnés.

Plus largement, l’histoire du hip-hop français comprend plusieurs périodes distinctes de 1980 à nos jours. Celles-ci illustrent les étapes qu’ont dû franchir les acteurs culturels du hip-hop pour arriver à leur degré de maturité actuel. Ainsi, le hip-hop français, s’est développé tant sur le plan professionnel, qu’associatif ou amateur. Son identité culturelle particulière, sa création tout comme l’ampleur de sa production artistique en font un mouvement légitime et reconnu internationalement. Aujourd’hui, avec des courants très divers, la culture hip-hop a largement irrigué  la musique, la danse, le graffiti, la mode, la publicité, la langue et ses expressions…